27Juin

Club Avenir de l’audiovisuel : diner-débat sur la réforme de l’audiovisuel public

Le 26 juin 2018, le club Avenir de l’audiovisuel et des médias coprésidé par le député Franck RIESTER  et Frédérique DUMAS a organisé un dîner-débat intitulé « Réforme de l’audiovisuel public : vers un « big bang » pour les acteurs français de l’audiovisuel ? »

Interventions préliminaires

1. Sibyle VEIL, Présidente de Radio France
Collaboration France 3 / France Bleu sur les contenus régionaux ; projets numériques de Radio France

2. Francis DONNAT, Secrétaire général de France Télévisions
Propos général sur la réforme

3. Victor ROCARIES, Directeur général de France médias monde
Singularité de l’audiovisuel extérieur ; place de FMM dans la réforme

4. Jean-Paul PHILIPPOT, Administrateur général de la RTBF
Bilan et enseignements des réformes menées en Belgique sur l’audiovisuel public belge

ECHANGE AVEC LES PARTICIPANTS, ANIME PAR LES CO-PRESIDENTS

Parmi les participants présents, susciter notamment les réactions :

Des représentants des diffuseurs
Peggy LE GOUVELLO, TF1
Amélie MEYNARD, Canal +
Vicky ADALBERT, Eurosport
Arnaud DECKER, BeIN Sports
Marie SELLIER, Vivendi
Caroline LANG, Warner

Des représentants des producteurs
Frédéric GOLDSMITH, Union des producteurs de cinéma
Frank SOLOVEICIK, Lynx productions
Boris HERTZOG, Technicolor Animations productions

Des représentants des télécom et du numérique
Pierre PETILLAULT, Orange
Noël VITTORI, AFNUM – Alliance Française des Industries numériques
Giuseppe de MARTINO, Association des services Internet communautaires
Guillaume PFISTER, Deezer
Franck LANGRAND, TDF

Des représentants institutionnels
Nathalie SONNAC, CSA
Gilles BREGANT, ANFR
Denis RAPONE, Hadopi
Ludovic BERTHELOT, DGMIC

 

Éléments de contexte

Renforcement des positions du service public sur le numérique, développement des programmes régionaux, création de nouveaux médias dédiés à la jeunesse et à la culture : la transformation de l’audiovisuel public, dont les contours ont été dévoilés par la ministre de la Culture le 4 juin dernier, fait office de premier acte du chantier de refonte de la règlementation audiovisuelle engagé par le Gouvernement.

Le projet de loi attendu début 2019 devrait ainsi impacter l’ensemble des acteurs du secteur, privés et publics, s’agissant de l’assouplissement des règles encadrant la publicité, de l’adaptation de la chronologie des médias aux nouveaux usages ou encore de l’évolution des pouvoirs du CSA.

Les nouvelles priorités et missions

L’audiovisuel public se voit attribuer trois grandes missions : la proximité, au travers de l’information et du renforcement de l’offre de programmes régionaux ; l’éducation et la jeunesse, via une offre dédiée, et enfin la promotion de la création.

Deux nouvelles offres numériques seront lancées dès la fin juin : un média des arts et de la culture, auquel Arte apportera certaines de ses productions, et une plateforme commune à Radio France, France Télévisions et France médias monde sur la jeunesse, qui proposera des formats courts et innovants.

Par ailleurs, une nouvelle plateforme de décryptage des fake news doit voir le jour, hébergée par FranceInfo

Les contributions des parlementaires

Quelques jours après la présentation de la réforme, le groupe de travail constitué à l’Assemblée nationale autour des députés Frédérique Dumas, Pascal Bois, Raphaël Gérard, Marie-Ange Magne, Sophie Mette, Sandrine Mörch et Pierre-Alain Raphan a remis au Premier ministre un rapport sur « l’audiovisuel public à l’heure du numérique »

Les syndicats et organisations du secteur

Plusieurs organisations ont fait part de leurs inquiétudes face au projet de transfert de France 4 sur le numérique :

Le syndicat FO de France Télévisions a vivement réagi, craignant la suppression d’emplois dans le secteur de l’animation et les conséquences sur le financement de la production audiovisuelle indépendante. Il salue en revanche la réaffirmation du caractère régional de France 3.

La CGT dénonce quant à elle le flou demeurant autour des questions de financement et du niveau d’emploi.

La Scam craint que le report de la réforme de la gouvernance ouvre une période d’instabilité néfaste pour l’audiovisuel public. Elle s’est dit prête à participer activement aux travaux menés par le groupe de professionnels missionnés par la ministre.

Le SPECT rappelle pour sa part « l’urgence à moderniser la CAP », afin que l’ensemble des budgets soit sanctuarisé, et non pas seulement le budget de la création.

L’USPA annonce qu’elle « accompagnera la réforme » et « facilitera l’émergence de l’offre numérique du service public », s’inquiétant néanmoins de « la disparition annoncée et sans concertation de France 4, […] et des risques de déstabilisation pour l’industrie de l’animation ». Elle souhaite que cette question fasse l’objet « d’une véritable concertation dans le cadre de la mission mise en place par la ministre ».

Le SATEV se réjouit de la sanctuarisation des montants investis par France Télévisions dans la création, alertant cependant sur la nécessité d’un maintien du tissu de producteurs indépendants. Sur le volet des fake news et de l’éducation aux médias, le SATEV soutient la réforme et annonce qu’il continuera à œuvrer en ce sens, aux côtés de la ministre.

Le SPFA, vivement opposé à l’arrêt de la diffusion de France 4 en hertzien, soutient que « le Gouvernement abandonne les enfants aux groupes privés » et affirme que l’industrie des programmes d’animation « va se trouver complètement fragilisée », dénonçant « une précipitation déstabilisante ».

L’UPC salue « la sanctuarisation des investissements de l’audiovisuel public dans la création », notant que la volonté d’accroître les investissements dans les œuvres destinées à la jeunesse « semble contradictoire avec la suppression de la fréquence hertzienne dont bénéficie France 4 ».

Le SPI s’est réjoui du rapprochement de France 3 et France Bleu, estimant que le triplement des heures de programmes régionaux est « un axe majeur, porteur d’émergence, de création et d’emploi sur les territoires ». Il s’est également ému de l’avenir de France 4, appelant à « rester vigilants à ne pas déstabiliser notre production audiovisuelle d’animation, reconnue dans le monde entier ».