06Sep

Intervention : « La culture sous l’emprise des GAFAN : quelles réponses »

Suite au débat « La culture sous l’emprise des GAFAN : quelles réponses » qui s’est déroulé le 5 septembre lors de Think Culture 2017, un événement organisé par News Tank Culture en partenariat avec l’université Paris-Dauphine, retrouver   l’intégralité de l’intervention de Frédérique DUMAS.

 » Ce que le président de la République Emmanuel Macron fait volontiers, c’est replacer les choses dans leur contexte, comme on l’a vu récemment sur le dialogue social. Même si nous sommes tous plus ou moins d’accord sur le constat, c’est quand même bien de le refaire. Il y a une multiplication des contenus et aussi une multiplication du mode de diffusion, de réception et d’utilisation des contenus, mais aussi une multiplication des services. Une régulation uniquement liée au mode de réception des contenus n’est plus d’actualité. Nous sommes convaincus que cela reste une opportunité qui permet plus de diversité dans la création, plus de diversité dans l’accès et plus de partage dans la valeur, notamment parce que les coûts de distribution physique ont diminué. Mais il reste le danger de voir se reconstituer des monopoles économiques qui vont aboutir à de l’uniformisation et donc à moins de diversité et à une captation de la valeur.

Il se trouve que, récemment, il y a eu des déclarations d’acteurs – non pas ceux qui sont évoqués ici, mais des acteurs qui sont plus dans les services traditionnels – qui ont remis en cause les fondements même de leurs obligations. J’ai envie que l’on abandonne cette relation entre rareté de la fréquence et contrepartie.

Il y a un objectif sur lequel je sais que tout le monde est d’accord et qui est un modèle de civilisation : la diversité culturelle. La diversité est le fait de choisir et si on ne peut plus choisir, c’est qu’il n’y a plus de démocratie.

Si l’on veut y parvenir, il faut continuer à réguler, d’où par exemple l’exception culturelle, pour qu’un secteur ne subisse plus de rapports de forces dans l’uniformisation. Une fois qu’on a rappelé l’objectif de civilisation, il y a des grands principes. Pascal Rogard est à mes côtés et cela fait des années que nous affrontons ensemble l’arrivée de nouveaux entrants. À chaque fois, il faut être vigilant, ce sont des combats, mais à chaque fois on les a gagnés.
Oui, il y a un optimisme : on peut continuer à réguler si on se met d’accord, sur les objectifs, les moyens et les grands principes.

Les grands principes, ce sont la participation au financement de la création de tous ceux qui diffusent du contenu, l’exposition des contenus – sans laquelle il ne peut pas y avoir de choix – et le partage de la valeur. Et tout cela ne peut tenir que s’il y a de la concurrence loyale, d’où les combats qui sont menés et même gagnés, notamment sur le fait que la régulation ne s’appliquera plus au pays d’origine mais au pays d’émission des services.
Je vais pas aller plus loin que cela, mais si on se met d’accord sur les objectifs, les moyens et les grands principes, on va plus avoir à travailler sur la manière de les adapter.

Je reprends l’exemple du dialogue social : on n’a pas voulu renverser le dialogue social, ni inverser les normes, mais remettre les choses à leur bon niveau. Et là il importe de repenser la régulation entre la France et l’Europe, entre la loi et le règlement ou l’accord professionnel, entre l’approche par récepteur et l’approche par service. Ce sont avec ces principes de réflexion que nous abordons ce sujet à la République en marche. »

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