31Jan

Fidélité n’est pas servilité: je quitte le Groupe UDI à la Région et sa majorité “menée” par Valérie Pécresse

J’ai pris la décision de quitter le Groupe UDI à la Région.

Le Centre est ma famille depuis toujours car il incarne à mes yeux les valeurs du libéralisme, au sens des Lumières, de l’humanisme mais aussi la volonté de donner une ambition au réel en s’y confrontant courageusement.

Mais le Centre est devenu, au fil du temps, principalement une addition de compromis poursuivant des intérêts individuels, qui donnent aujourd’hui aux Centristes l’image de partenaires peu fiables et peu lisibles.

Nous n’existons plus hors accord électoral :

A l’issue des Primaires de la Droite, à l’organisation desquelles les militants de l’UDI avait décidé de na pas participer tout en laissant la liberté de vote à chacun, les cadres de l’UDI ont décidé unilatéralement de soutenir le candidat LR victorieux de la Primaire de Droite, François Fillon. Laissant croire qu’il existait une forme d’engagement à le faire pour rejoindre au plus vite son organigramme de campagne. C’est bien la preuve absolue et sans appel du ralliement sans conditions et sans consultation.

Le programme et la vision de la société que projette François Fillon depuis le discours du 28 août de Sablé, loin de l’apaisement prôné dans son livre « Faire », la méthode tout à la fois « radicale » et « verticale » qu’il propose pour mettre son projet à exécution, sont très éloignés de ce que nous sommes profondément et de la nouvelle approche qu’induit la société de coopération, de liberté et d’émancipation qui se dessine sous nos yeux. Pour autant, aucun cadre de l’UDI n’a placé comme préalable de trouver un accord transparent et ouvert sur le projet avant de rejoindre l’équipe de campagne. L’objectif principal étant de négocier un accord électoral d’appareil sur les investitures aux législatives.

Comment faire croire que nous allons peser « après » alors même que l’attitude que nous adoptons dans les exécutifs régionaux, départementaux et municipaux est la soumission totale. En effet à la région île de France où nous détenons cette fameuse capacité de « peser »., qu’en faisons-nous? Rien….. Il a été décidé depuis un an, après d’interminables débats comme nous savons les avoir au Centre, qu’en aucune manière le Groupe UDI ne pouvait au final marquer sa différence avec son partenaire majoritaire LR. Même une simple abstention n’est pas envisageable sous prétexte de « loyauté » , de “respect de nos engagements ».

Ce n’est pas ma conception d’une relation loyale entre deux partenaires qui se respectent.

Fidélité n’est pas servilité, soumission aux appareils politiques ou aux personnes quoi qu’elles fassent ou quoi qu’elles disent.

La loyauté est une exigence personnelle de fidélité à ce que nous sommes, comme un fil à plomb de notre conscience.

Et c’est bien cette différence de conception qui a empoisonné le quinquennat de François Hollande et qui empoisonne le système des primaires. Faut-il être fidèle à la règle des appareils politiques, « je m’engage à soutenir le vainqueur de la primaire quel qu’il soit » ou à sa propre règle intérieure « je m’engage à respecter mes convictions » ?

Pour moi en effet la réponse est claire, c’est bien cette loyauté, celle de la fidélité à nos idées et à nos convictions, dans leurs différences, que nous devons aux citoyens.

J’ai pour ma part adhéré et j’adhère toujours à nos engagements de campagne dans leurs grands principes . Mais le malentendu absolu qui me porte aujourd’hui à prendre la décision de quitter le Groupe UDI et la majorité régionale, dont je ne pouvais pas déceler l’existence par avance, est ailleurs : Je suis en désaccord profond avec la méthode et l’exécution de nos engagements de campagne : absence de transparence, décisions arbitraires et idéologiques, concertations tronquées, absence de construction, méthodes d’un autre monde dans la droite ligne de la nouvelle théorie de « la réalité alternative ». Or si pour certains la méthode est un détail dont il est vain de s’encombrer, à mes yeux il s’agit d’un fondement de la transformation.

J’en profite pour évoquer un passage du livre d’Emmanuel Macron dans son livre « Révolution » citant un extrait de la lettre de guerre d’un compagnon de la Libération, avant sa mort à la tête de sa division, «Nous ne pouvons utiliser notre intelligence à trouver des raisons d’accepter ».

C’est bien parce que ce n’est pas ma conception de l’engagement que j’ai pris cette décision.

C’est bien aussi pour toutes ces raisons que j’ai rejoint dès novembre Emmanuel Macron et son mouvement En Marche, et que je consacrerai toute mon énergie pour faire gagner les conceptions qui sont les siennes et résister à toutes les tentatives qu’elles soient de droite, de gauche ou du centre de tenter de broyer ceux qui s’en réclament. Cette énergie positive faite d’empathie, de bienveillance, de liberté, d’émancipation, mais aussi de responsabilité, de méthode et d’efficacité pour que ce ne soient pas juste des mots mais une réalité au quotidien, pour les citoyens que nous sommes. Avoir comme exigence de rendre accessible la complexité est le seul moyen véritable de lutter contre les thèses simplistes des extrêmes qui se nourrissent du désarroi.

Et cette énergie là…. rien ne pourra lui résister.